|
La seule mesure du poids ne suffit pas : celui-ci doit être rapporté à la taille et pour l’enfant interprété en fonction de l’âge : on définit la corpulence, par l’IMC (indice de masse corporelle)
IMC=Poids en kg/Taille en m²
>Calculez votre IMC ou celui de votre enfant
Ce chiffre doit être reporté sur la courbe de corpulence fille ou garçon : l’obésité est définie si l’IMC se situe au dessus de la ligne du 97° percentile, degré 1 ou degré 2 selon l’importance. |
Courbe de corpulence fille et garçon: Cliquer sur les images pour les agrandir
|
Une prévalence qui augmente
La prévalence de l’obésité infantile augmente de façon préoccupante dans de nombreux pays. Cette augmentation s’accélère très rapidement ces dernières années.
En France, le pourcentage d’enfants présentant un excès pondéral est passé de 3% en 1965 à 5% en 1980, et 16%
en 2000 : si elle se poursuit au rythme actuel, elle laisse présager un taux d’enfants obèses de près de 25% en 2020 (1 enfant sur 4). Ce phénomène touche tous les pays industrialisés, ainsi que la population favorisée des pays en voie de développement.
Cette augmentation, doublant tous les 10 ans depuis 30 ans, est encore plus rapide pour les formes sévères.
En Franche-Comté : 12% environ des enfants sont obèses soit 34 000 enfants dont 16 000 dans le Doubs. |
|
Courbe de l'obésité chez les enfants en France
|
Pourquoi?
Chez l’enfant comme chez l’adulte, l’obésité est un excès de masse grasse qui résulte d’un bilan d’énergie positif prolongé. Si les déterminants génétiques sont des facteurs de prédisposition (risque multiplié par 8 si les deux parents sont obèses), 70% du risque provient du mode de vie. Parmi les principaux facteurs environnementaux en cause, la diminution progressive de l’activité physique (transports en commun, travail scolaire, télévision, ordinateur, moindre disponibilité des parents...) joue un rôle crucial.
S’y ajoutent d’autres déterminants nutritionnels, physiologiques, psychologiques et sociaux, corollaires de l’évolution de notre alimentation et de nos modes de vie.
 |
|
Le faible niveau socio-économique est un facteur de risque important ; une étude de la DREES (réalisée en 1999-2000 dans le Nord-est de la France) montre que 15% des garçons et 20% des filles de zone urbaine prioritaire (ZEP) sont obèses contre 12% des garçons et 16% des filles ne vivant pas en ZEP.
Sans prise en charge adaptée, la tendance spontanée est à l’aggravation progressive sur plusieurs années avec persistance de l’obésité à l’âge adulte : 60% des adolescents obèses le resteront à l’âge adulte si rien n’est mis en place. |
Des conséquences délétères sur la santé
L’obésité infantile entraîne des complications de santé à court, moyen ou long terme : elle peut avoir des conséquences orthopédiques,
un retentissement respiratoire (notamment des apnées du sommeil),
provoquer une augmentation de la pression artérielle et
des anomalies des lipides sanguins,
l’apparition d’un diabète de type 2,
ainsi que des lésions artérielles précoces.
De plus, elle influe négativement sur l’estime de soi, l’intégration scolaire et sociale puis l’évolution socioprofessionnelle. L’enfant obèse est souvent victime d’une stigmatisation créant un véritable cercle vicieux.
Au-delà d’un problème médical, il s’agit d’un réel problème de société, expliquant la mobilisation récente de nombreux pays, notamment en Europe. Ceci justifie la mise en place de stratégies innovantes et d’actions de longue durée associant les multiples compétences professionnelles des acteurs intervenants autour de l’enfant. |
|
 |
Le PNNS, programme gouvernemental établi de 2001 à 2005, vise à l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs qu’est la nutrition, laquelle est impliquée dans de nombreuses pathologies: cancers, maladies cardio-vasculaires, obésité, diabète non insulinodépendant, ostéoporose...
- 9 objectifs prioritaires ont été retenus, dont deux concernent l’obésité de l’enfant :
- Augmenter la consommation de fruits et de légumes
- Augmenter la consommation de calcium
- Réduire la contribution moyenne des apports lipidiques totaux
- Augmenter la consommation des glucides (complexes)
- Réduire la consommation d’alcool
- Réduire la cholestérolémie moyenne
- Réduire la pression artérielle
- Augmenter l’activité physique quotidienne
- Réduire la prévalence du surpoids et de l'obésité chez l'adulte et interrompre son augmentation chez l'enfant
Dans l’objectif de stabiliser la prévalence de l’obésité infantile à son niveau actuel : la prévention apparaît fondamentale.
En Franche-Comté, l’application du PNNS, placée sous la coordination de M. Claude MICHAUD a été déclinée selon 3 axes :
- Axe 1 : Informer, éduquer les jeunes et les personnes en situation de précarité (chef de projet : P. ANGIOLINI, directrice du CRES FC)
- Axe 2 : Prévenir, dépister et prendre en charge les enfants et les adolescents obèses
- Axe 3 : Optimiser la restauration collective scolaire et hospitalière (chef de projet : G.PRIEUR-DREVON, SFRD/DRAF)
Trois ateliers, réunissant des professionnels de terrain motivés, se sont mis en place dès avril 2004 et ont travaillé sur ces 3 axes.
L’atelier développant l’axe 2 a orienté son action sur deux niveaux :
- Effectuer une formation régionale des professionnels de l’enfance à la prévention de l’obésité :
- En deux étapes :
- 2004-2005 : prévention secondaire : sensibiliser et former au dépistage précoce des enfants obèses ou à risque de l’être et à leur prise en charge.
- 2005-2006 : prévention primaire (éviter l’installation du surpoids) « l’éducation au cœur de la prévention de l’obésité de l’enfant et de l’ado : éducation à la nutrition, à l’activité physique, aide à la parentalité ».
- Les professionnels concernés sont :
- les professionnels de santé institutionnels : médecins et infirmières de l’Education Nationale et du Conseil Général , personnels des IME...
- les professionnels de santé libéraux : médecins généralistes, pédiatres, endocrinologues.
- les modes de garde petite enfance : crèches, assistantes maternelles…
- Mettre en place un réseau de prévention et de prise en charge de l’obésité pédiatrique en Franche-Comté : REPOP-FC (avec une initialisation dans le Doubs, puis une extension prévue aux trois autres départements dans les 2-3 ans) supporté juridiquement par une association loi 1901 dont le président est le Dr Alain Bocquet, en partenariat avec la Mutualité Française Doubs.
3 objectifs :
- Mettre en place et promouvoir le dépistage précoce de l’obésité chez l’enfant et l’adolescent.
« Parce qu’au début cela ne se voit pas »
En partenariat avec la santé scolaire, la PMI, les crèches, les services hospitaliers, les médecins libéraux….
- Développer et coordonner la prise en charge
- par une alimentation équilibrée : sans régime , ni interdits
- par la promotion de l’activité physique et la lutte contre la sédentarité dans une optique de stabilisation du poids et de la corpulence chez un enfant en croissance et une modification durable des comportements
- Mener des actions de prévention par des actions de formations
|